Adhésion de la Croatie et l’Europe des vingt-huit

Article publié le 8 décembre 2011
Article publié le 8 décembre 2011
De Elena de Pascual Paniagua Photo: Davide Martinotti C’est officiel, la Croatie entre dans l’Union européenne. Après six ans de négociations, la Croatie signera le traité d’adhésion demain, dans le cadre du Conseil Européen le plus important de l’année 2011, et deviendra ainsi le 28ème Etat membre de la famille européenne le 1er juillet 2013.
Dans un contexte de crise européenne où les élargissements se présentent comme la seule évidence, cette nouvelle adhésion réaffirme l’engagement de l’UE dans les Balkans.

Son adhésion à l’UE n’est pas la seule transformation profonde que la Croatie aura connu ce mois-ci. Le 4 décembre dernier, des élections législatives historiques ont vu la victoire du SDP, le Parti social-démocrate de Croatie (centre-gauche), dirigé par Zoran Milanovic, sur le parti conservateur et Chrétien-démocrate HDZ, Union Démocratique Croate, qui se maintenait au pouvoir presque sans interruption depuis la déclaration d’indépendance du pays en 1991.

Le nouveau premier ministre Zoran Milanovic est un peu considéré comme le fils politique d’Ivica Racan, Premier ministre de la parenthèse de centre-gauche de 2000 à 2003, à l’origine du processus “européanisation” de la Croatie. En quelques semaines, le challenger Zoran Milanovic est devenu celui qui fera entrer son nom dans l’histoire de la Croatie, avant de s'atteler à la mise en place des mesures d’austérité nécessaires pour le décollage de l’économie croate dans ce nouveau contexte européen.

Candidat à l’accession depuis 2004, les négociations entre Zagreb et Bruxelles auront duré d’octobre 2005 à juin 2011. Au total six années qui ont été marquées par les exigences sévères de l’Union Européenne. La Croatie a finalement passé l’épreuve, même sur les sujets les plus difficiles -et aussi les plus cruciaux pour Bruxelles- tels que la persécution des criminels de guerre, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la Justice.

L’adhésion de la Croatie est surtout une nouvelle étape dans le processus de stabilisation des Balkans et va servir de modèle à l’Union européenne pour les futures perspectives d’adhésion dans la région. Tous les regards se tournent aujourd’hui vers la Serbie, l’autre pays de l’ex-Yougoslavie. Les responsables européens espèrent que les Serbes suivront l’exemple de leurs voisins, alors même que le statut de candidat de leur pays est en danger suite aux problèmes frontaliers avec le Kosovo.

Demain, la signature du traité d’adhésion de la Croatie partagera peut-être l’affiche avec l’adoption de mesures qui assureraient une sortie définitive de la crise à la zone euro. Dans ce contexte difficile pour l’Europe, les élargissements se présentent comme la manière la plus efficace de combattre la crise de légitimité qui secoue l’UE et réaffirmer sa place sur la scène internationale.