Accord sur le climat: reculer pour mieux sauter?

Article publié le 17 novembre 2009
Article publié le 17 novembre 2009

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen a les pieds sur terre. Voyant venir l’impasse politique, il vient d’annoncer qu’aucun accord climatique contraignant ne sera approuvé en décembre à Copenhague. Il est désormais question d'un modèle en deux étapes. Les réactions de la presse européenne.

Diário Económico - Portugal

Le modèle en deux étapes du premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen prévoit de trouver un consensus minimal en décembre et de s'entendre sur des objectifs climatiques concrets l'année prochaine. Avec ce pas en arrière, la protection du climat pourrait recevoir une incitation favorable, estime le quotidien Diário Económico : « Ce pas en arrière pourrait s'avérer être une avancée bien plus rapide dans la résolution des problèmes climatiques mondiaux. Rasmussen a changé de stratégie : au lieu de contraindre les chefs d'Etat et de gouvernement à une solution globale difficile, il leur a demandé de réfléchir à un modèle en deux phases. Etape par étape. (…) Il est très positif que la planète dispose d'un hôte tel que Rasmussen pour cette importante conférence sur le climat, de par sa modération et son réalisme. Mais les chefs d'Etat ne doivent pas profiter de cette modération et se défiler devant une solution aussi urgente pour la planète. »

(16.11.2009)

Berlingske Tidende - Danemark

«Les deux superpuissances économiques ont par leur accord bilatéral rendu le sommet de Copenhague inutile»

La nouvelle selon laquelle il n'y aura pas d'accord juridiquement contraignant en décembre, lors de la conférence sur le climat de Copenhague, peut aussi être considérée comme positive, estime le quotidien Berlingske Tidende : « L'acceptation danoise de la réalité selon laquelle il n'y aura pas d'accord sur le climat a manifestement plongé les organisations environnementales dans le coma. (…) Mais tandis que toutes les organisations bien intentionnées attaquent le gouvernement parce que celui-ci laisse tomber les fragiles chapelets d'îles dans leur lutte contre la montée des eaux, les pragmatiques devraient louer le gouvernement pour avoir tiré le meilleur parti de la situation et avoir choisi une solution en deux étapes. Cette solution fait certes mauvaise presse au Danemark, mais donne à l'environnement les meilleures chances de parvenir à un accord convenable dans un avenir, espérons-le, pas si lointain. »

(16.11.2009)

La Repubblica - Italie

(Christian Reboul/Ultimatum climatique/ Oxfam International/ flickr )La Chine et les Etats-Unis sont responsables du fait que l'on ne parviendra à aucun accord mondial sur le climat à Copenhague, estime le quotidien progressiste de gauche La Repubblica : « Les deux superpuissances économiques, responsables à elles deux de la majeure partie des émissions de polluants, ont par leur accord bilatéral rendu le sommet de Copenhague inutile. (…) Au titre d'hôte du sommet de Copenhague, [le premier ministre danois Lars Løkke] Rasmussen s'était précipité à Singapour, mais il n'a rien pu faire d'autre que constater qu'aucune décision opérationnelle ne pouvait être prise au Danemark. (…) Les difficultés à aboutir à des bases contraignantes [pour la protection du climat] en décembre étaient connues, mais la fin officielle du projet [de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % d'ici 2050] est un coup dur. »

(16.11.2009)

Sydsvenska Dagbladet - Suède

Les pays doivent continuer à lutter pour parvenir à un accord sur le climat, écrit le quotidien Sydsvenska Dagbladet : « Il aurait naturellement été préférable que le sommet de Copenhague adopte un nouveau traité global sur le climat. Mais cela était impossible politiquement. Il ne faut pas toutefois que cela entraîne un arrêt des négociations qui aurait pour conséquence une rupture irréversible [des négociations sur le climat]. En Suède, l'opposition a reproché au Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt d'avoir mis un frein aux espoirs pour Copenhague. Si l'on élève les attentes, on augmente la pression sur les politiques, argumentent les rouges et les verts. C'est vrai. (…) [Mais] des attentes inappropriées n'aident pas n'ont plus le climat. »

(16.11.2009)