Abus policiers: nos libertés individuelles en danger? 

Article publié le 14 mai 2016
Article publié le 14 mai 2016

(OPINION) Une centaine de pacifistes ont été arrêtés Place de la Bourse à Bruxelles le 2 avril dernier. La France, toujours en État d'urgence, discrimine la communauté musulmane. La Police, jugée incompétente dans les opérations d'anti-terrorisme, utilise les manières fortes afin de limiter la liberté individuelle et le droit à la manifestation. Est-ce vraiment la protection que nous attendons?

Mémorial  aux victimes: nouveau théâtre d'agitations

Alors que la capitale européenne est encore chamboulée par le double attentat survenu le 22 mars dernier, samedi 2 avril la police a chargé des dizaines de personnes réunies pacifiquement sur la Place de la Bourse. Des associations et mouvements sociaux ont eu l'initiative d'organiser un rassemblement afin de protéger ce lieu, devenu désormais un mémorial des victimes du terrorisme, des manifestations anti-islamiques organisées par l'extrême-droite. En effet, le jour de Pâques, environ 400 hooligans ont envahi la place, effrayant les passants et créant une indignation générale parmi les personnes venues rendre hommage aux victimes des attaques.

Alors qu'elle s'est limitée à disperser les hooligans avec des fourgons-pompes, la police belge a préféré utiliser les manières fortes contre les pacifistes, ayant recours à la cavalerie afin de les entourer et les bloquer. Au total: 70 personnes ont été arrêtées , parmi lesquelles Alexis Deswaef, président de la Ligue des Droits de l'Homme. Au même moment à Moleenbeek une trentaine d'adolescents sont arrêtés, tous très jeunes, qui s'étaient réunis pour protéger le quartier de l'arrivée d'un groupe de neo-fascistes prêt à manifister contre les musulmans.

Violence inappropriée

Sous accusations suite aux énormes failles trouvées dans les systèmes d'intelligence et de coordination internationale, la police belge montre les muscles de façon inappropriée, cherchant à punir les forces sociales qui s'efforcent justement à faciliter la cohabitation sur un territoire sous tension comme Bruxelles. Le recours à des méthodes disproportionnées et violentes, justifié par des mesures de sécurité exceptionnelles, n'a pas eu lieu qu'en Belgique. En effet, en France, où l'état d'urgence déclaré après les attaques de Paris a été prolongé jusqu'au 26 mai, la police a le droit d'effectuer des perquisitions à domicile, avec irruptions nocturnes, sans avoir besoin de l'approbation du tribunal judiciaire. Comme il a été dénoncé dans le New York Times, beaucoup de personnes se retrouvent placées sous surveillance ou avec l'obligation de se rendre auprès d'une station de police jusqu'à quatre fois par jour, sans aucune preuve de relation avec des réseaux djihadistes. Le simple fait de fréquenter une mosquée peut suffir à être contraint aux mesures restrictives de la liberté personnelle. Toutes les personnes subissant ces mesures sont musulmanes. L'élément descriminatoire, basé sur l'appartenance etnico-religieuse, ne fait autre qu'augmenter la tension dans la communauté musulmane.

Au nom d'une présumée protection des citoyens, les Gouvernement sont en train de mettre en place de grandes restrictions de la liberté personnelle. Les plus touchés restent les musulmans, partie intégrante di tissu européen, et les activistes.  Qui seront les prochains en ligne de mire? Jusqu'à quel point sommes-nous disposés à accepter ces contraintes et abus? Au lieu de démanteler les réseaux radicalisés, ces mesures, inutiles et nocives, finissent par exaspérer la population et accroient les conflits.