A Soul for Europe ?

Article publié le 6 décembre 2010
Publié par la communauté
Article publié le 6 décembre 2010
Il y a deux semaines se déroulait à Berlin l'édition 2010 de la conférence sensée comme son nom ne l'indique qu'à moitié, réunir acteurs politiques, économiques, non-gouvernementaux et culturels pour donner un semblant de chaleur humaine au projet européen si froidement politique et économique.

A Soul for Europe

« T'étais au courant ? Depuis le traité de Lisbonne, le drapeau de l'UE et l'Hymne à la joie ne font plus partie des symboles officiels de l'UE » -  Ah bon ? Ben, qu'est ce qui reste alors ?- Ben, rien, il n'y a plus rien...- Aha, ouais, d'accord »En cet après-midi de début décembre, barricadé dans mon appartement dû aux températures sibériennes sévissant à l'air libre, je me remémore ce court échange avec un collègue lors des workshops précédant la conférence. Rien, il n'y a plus de symboles officiels reconnus officiellement par les traités. Bon, vous me direz que l'hymne et le drapeau sont tout de même utilisés de manière inofficielle, mais la distanciation que le Traité de Lisbonne a introduite semble symptomatique de l'aridité d'usage des institutions européennes.Oui, l'Europe a souffert au cours de l'histoire des drapeaux sanglants, des hymnes guerriers, du nationalisme hostile. Toute tentative de rejouer sur ce terrain doit bien-sûr être condamnée. Mais il ne faut pourtant pas tomber dans la schizophrénie actuelle qui est d'épurer l'UE dans sa représentation, en en faisant une sorte d'entité supranationale neutre, sans substance, et de pourtant demander à chaque européen d'y ressentir une sorte d'attachement patriotique. C'est contre-productif. Les sondages eurobarometres le confirment d'ailleurs régulièrement,  les européens se désintéressent de  l'UE. Elle semble lointaine, bureaucratique et opaque. Au cours de la conférence, il a beaucoup été question de culture européenne, car. « personne n'aime sa patrie pour son marché commun ou ses institution » comme l'a fait remarquer , porte-parole de l'association . Secondée par , elle a tenu un plaidoyer pour que l'Europe communique moins sur ces institutions que sur sa culture, par l'image notamment. La connaissance des trésors de la culture européenne peut pousser les européens à se sentir comme tels et ensuite à adhérer au projet institutionnel.

Gabriella GönczyA Soul for EuropeWim Wenders

Le metteur en scène en a profiter pour enfoncer le clou. En plus d'appeler l'Europe à être plus fière de son patrimoine, il a évoquer l'incapacité des Européens à créer une mythologie positive. La production médiatique européenne est bien loin de créer les mythes qu'est capable de colporter la machine à rêve américaine à travers son industrie du divertissement. Une telle « propagande » est celle que souhaite Gardev, une propagande positive qui crée un « rêve européen ». Quel européen pourrait réveiller autant d'espoir parmi ses concitoyens qu'Obama, par exemple ? On n'ose en réver.

Javor Gardev

Cessons de communiquer sur l'UE et parlons plus d'Europe, à quoi bon connaître les institutions, ce sont les habitants de l'Europe qu'il nous faut connaître. Comment avoir de l'affection pour un appareil ? Il nous faut des symboles, des images fortes, des destins hors du commun, des épopées, des success story, des échecs, des victoires. Et pourquoi pas plus de drapeaux, de couleurs et de musique pour créer une Union des citoyens ? Même si elles sont nécessaires, les cravates n'enfièvrent pas le monde. On manque de . Surtout par -20 à Berlin.

boogie-woogie