À mes amis hétérosexuels : pourquoi Orlando a mal

Article publié le 15 juin 2016
Article publié le 15 juin 2016

Beaucoup d’entre vous sont restés silencieux suite aux évènements de ce week-end à Orlando. Ce n’est pas grave… Peut-être étiez-vous occupés, le temps passe si vite. Mais cette attaque blesse un peu plus vos amis LGBT, tout comme moi, et vous devez savoir pourquoi. 

Mes chers amis hétérosexuels,

Beaucoup d’entre vous sont restés silencieux suite aux évènements de ce week-end à Orlando. Ce n’est pas grave… Peut-être étiez-vous occupés, le temps passe si vite. Mais cette attaque blesse un peu plus vos amis LGBT, tout comme moi, et vous devez savoir pourquoi.

Ce n’est pas à cause du terrorisme, bien que cela y participe.

Ce n’est pas à cause du nombre de victimes. Il n’y a pas d’échelle et ce n’est pas une compétition.

Ça fait mal parce que ce n’est pas tellement différent de la violence que nous subissons tous les jours. Tant que vous n’avez pas eu peur de prendre la main de votre conjoint en public - à moins d’avoir déjà affronté le jugement de vos proches - vous pouvez compatir, mais vous ne pouvez pas comprendre.

Ça fait mal parce qu’à l’heure où notre communauté et les familles sont en deuil, les médias nient notre identité collective.

Le monde qui nous entoure essaie de politiser la moindre parcelle de nos vies en tant que communauté LGBT : nos droits fondamentaux, qui peut-on épouser, le don du sang… Et pourtant, les rares fois où nous voulons que notre communauté soit au premier plan, la politique de la haine est écartée du débat.

Ce n’était pas « Le Bataclan de l’Amérique ». Ce n’était pas une attaque contre l’Occident ou la culture occidentale. C’était une attaque spécifique. Et préméditée. Alimentée par la haine des gens comme moi.

Ça fait mal parce que beaucoup restent silencieux alors qu’ils sont à l’accoutumée si bavards. Ils pleurent la mort d’un gorille mais pas celle de 50 personnes LGBT.  

Ça fait mal parce que cela fait ressortir le pire de chacun. Des présumés candidats à la présidentielle en passant par les prêtres des petites villes de ploucs, qui félicitent un terroriste pour avoir tuer des « pédophiles » et des « déviants ».

Ça fait mal comme ça l’a toujours fait. Comme le disait Harvey Milk :

« La colère et la frustration que certains d’entre nous ressentent s’expliquent par l’incompréhension à laquelle ils font face, et les amis ne peuvent pas ressentir cette colère et cette frustration. Ils peuvent en reconnaître les signes, mais ils ne peuvent pas le ressentir. Parce qu’un ami n’a jamais eu à passer par ce qu’on appelle le coming out. Je n’oublierai jamais cette expérience, et le fait de n’avoir personne vers qui me tourner. Je me souviens de ce manque d’espoir - et nos amis ne peuvent rien y faire. »

Ça fait mal parce que ce n’est pas arrivé à un moment anodin. Juin n’est pas un mois comme les autres : c’est l’anniversaire des émeutes de Stonewall. C’est la période de l’année que notre communauté a choisi pour se rassembler et fêter les progrès accomplis, et se souvenir de ceux qui étaient là avant nous. Cette année, plus que les autres, la Gay Pride sera l’occasion de nous souvenir de tout le chemin qu’il nous reste encore à parcourir.

Mais nous refusons de capituler. En tant que communauté, blesser l’un d’entre nous équivaut à nous blesser tous, et nous continuerons de nous battre.

Dans les villes du Royaume-Uni et du monde entier, les gens étaient encore réunis en l’honneur des victimes. Ils ont afflué par milliers pour leur rendre hommage et puiser leurs forces dans notre voix collective : l’amour est l’amour, et l’amour gagne toujours.

Alors mes amis, ne restez pas silencieux face à la terreur homophobe. Agissez !

Rebellez-vous. Allumez un cierge. Apprenez à vos enfants que les LGBT doivent être aimés, pas craints. Soutenez les homophiles, pas les homophobes. Demandez à vos amis LGBT s’ils vont bien. Faites ce que vous pouvez, mais ne gardez pas le silence et ne laissez pas cela se reproduire… 

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John Peart, blogueur londonien, écrit sur le numérique, la diversité, l'Eurovision et le gouvernement. Cet article a d'abord été publié sur son blog personnel.