A la recherche de l’esprit européen

Article publié le 20 avril 2009
Article publié le 20 avril 2009
Les bulletins ne sont pas encore dans les urnes, que la défaite semble déjà planer. Comme une guerre perdue d’avance. Perdue car une fois de plus, les généraux n’ont pas voulu évoluer et ont préféré garder leurs bonnes vieilles tactiques traditionnelles. Point de révolution à la blitzkrieg. C’est même plutôt eux qui risque de la prendre dans la figure. Un jour ou l'autre.
Hé oui, le dernier sondage commandé par le Figaro révèle une chose : 60% des Français voteront aux Européennes non pas selon une grille de lecture européenne, mais selon des enjeux nationaux. Tout en prenant ce chiffre avec précaution, car cela reste un sondage, il est toutefois révélateur : on vote à côté de la plaque. Ca me rappelle un peu 2005.En rentrant dans les détails, 20 points de ces 60% voteront pour soutenir Sarkozy. Et le reste, c’est plutôt pour signifier leur désaccord avec sa politique. Malgré tout, l’UMP maintient une avance (28%) face au PS encore à 5points derrière lui (23%). Il semblerait que la désunion de la gauche fasse encore les choux gras de l’UMP qui pourtant devrait accuser les coups de la crise. La faute pourrait revenir à l’extrême gauche, qui mange 12% des votes (NPA + Front de gauche), même le PS est aussi très habile pour se tirer des balles dans le pied tout seul.

Toutefois revenons-en à nous moutons européistes.

Nous avons donc 60% des Français qui vont voter pour une chose, en pensant à une autre. La question pourrait être la suivante : comment voulez-vous sanctionner un Sarkozy au niveau européen ? Aux dernières nouvelles, le Parlement européen n’a pas encore les pouvoirs nécessaires pour mettre Sarko à la porte. Et entre les deux, celui qui remporte la palme de la puissance, ça reste le locataire de l’Elysée. Souvenez-vous comment ce dernier a squeezé le Parlement européen lors des négociations climatiques de décembre dernier. Il serait alors peut-être temps que nos politiciens se décident à l’avouer : voter pour un député européen, en pensant qu’il va faire du social, changer le monde, réformer le pays d’un autre sens, c’est quelque peu illusoire et énormément mensonger. Les politiques sociales, par exemple, sont encore du ressort des Etats qui ne veulent pas les lâcher, du fait de leur coût exorbitant, ce qui parallèlement nécessiterait d’énormes transferts financiers. Et avec quel argent l’UE pourrait relever le pouvoir d’achat ? Sur les 130 milliards d’euros du budget 2008, 70% étaient dévoués à la politique agricole commune, politique régionale et politique de cohésion. Sans oublier de rajouter 10% pour le rural et la pêche. Reste alors plus grand-chose une fois qu’on a payé le loyer et les petits fours.Quant aux réformes sarkoziennes qui déplaisent aux Français, ce n’est pas l’UE qui les arrêtera. Un choix a été fait par le peuple français il y a presque deux ans et rien ne le changera, hormis une démission de l’intéressé, fort peu probable. Nationaliser le débat reste au final le meilleur moyen de décevoir les Français sur l’UE, puisqu’un tel vote ne servirait à rien et donnerait une occasion de plus aux rabat-joies de nous sortir des : .

L’Europe ça sert à rien

Alors de quoi devrait parler les élections européennes ? Des sujets qui sont votés à Strasbourg et qui sont les futurs chantiers européens. En regardant de près, ils ne manquent pas : environnement, marché du travail (fléxicurité), énergie, élargissement et immigration par exemple. Sur tout cela, l’UE va légiférer. Une réforme de la PAC et de la politique régionale est aussi en perspective. Et le prochain élargissement ? Quand ? Qui ? Comment ? Forcément les sujets paraissent peu sexys mais auront des conséquences sur la vie de tous les Européens. L’idée de défense européenne revient aussi régulièrement sur la table. A l’heure d’un engagement soutenu en Afghanistan de la part de nombreux Etats membres, la question devrait être posée par nos politiciens : quelle défense pour l’Europe ? S’il en faut une. Qu’attendent nos candidats pour plonger dans ces débats ? Ca serait beau d’entendre un Peillon, une Goulard et une Rachida Dati s’enflammer pour la communautarisation de l’immigration ou la réforme à venir de la PAC ! On peut toujours rêver il semblerait…Sans oublier l’idée sous jacente : quel type d’Europe voulez-vous ? Très intégrée tendance fédéraliste à la Modem, sociale-démocrate à la PS, plutôt intergouvernementale à la mode UMPogaulliste ? Ou alors tendance communiste avec l’extrême gauche, voir carrément souverainiste et nationaliste avec l’extrême droite ? Sans oublier que chaque parti à ses opinions sur les sujets précédemment évoqués dont la fameuse Turquie par exemple. Finalement voter n'est peut-être pas si inutile.C’est ça aussi le choix des élections européennes. Mais tout le monde semble l’avoir oublier.  Sauf peut-être les 13% de Français qui avouent parler des élections européennes dans leurs conversations quotidiennes.Pour ceux qui veulent plus de détails, .

voici le sondage en question du Figaro