A Good City Has Industry : Vive le Bruxelles de demain

Article publié le 18 novembre 2016
Article publié le 18 novembre 2016

Bien loin d'un retour à l'époque de Germinal, l'exposition « A Good City Has Industry » propose des idées novatrices pour réimplanter les industries au cœur de la capitale belge. Dans le cadre de son futur événement sur l'industrialisation, Cafébabel Bruxelles s'est invité à la Galerie Ravenstein afin d'en savoir plus.  

L'exposition « A Good City Has Industry » (jusqu'au 15 janvier à la Galerie Ravenstein), en plus de sa vocation d'optimiser au maximum les ressources et les richesses de Bruxelles, repense en filigrane notre rapport à l'économie. Jugée trop souvent et à tort comme sale, polluante, ou intellectuellement pauvre; l'industrie est pourtant le secteur de demain si elle est utilisée à bon escient.

En partant de ce postulat, l'exposition, dont le commissaire est Architecture Workroom Brussels (ci-après AWB), nous donne des clefs pour comprendre ce trésor endormi. Joachim Declerck, fondateur et partenaire d'AWB, nous explique : « Pendant des années, on a voulu mettre les industries en dehors de la ville. Il faut cependant être fier de ces industries, car ce sont les points de départ de l'économie. Dans l'expo, on voit cette idée de ville organique, où l'industrie, pour Bruxelles, est composante intrinsèque de sa structure. Et on propose surtout des solutions très concrètes pour accroître ce secteur ». 

Et c'est ce qu'on aime à Cafébabel, car loin de constater, l'exposition propose « 10 indices pour construire la ville productive »; du pratique, du vrai et du solide que l'on ne peut qu'approuver. Par exemple, la création d'espaces hybrides, où les espaces d'habitations sont habilement mêlés aux espaces productifs, pour mettre en valeur l'industrie tout en optimisant le gain de place.

Origine : Made in Brussels

Il n'est pas juste question d'architecture, mais c'est aussi tout notre rapport à l'économie qu'il faut repenser à travers cette problématique d'urbanisme. Pour J. Declerk, la réflexion va donc plus loin « Notre travail est aussi pédagogique, on aimerait sensibiliser les citoyens au monde de demain, préparer l'ère post Made in China pour venir progressivement à une économie circulaire. En donnant une meilleure visibilité aux industries dans la ville, les consommateurs vont peut-être se rendre compte de la nécessité de celles-ci, et en être fier. Au final, on entre dans une logique de réimplantation qui favorise l'économie locale pour arriver à un modèle fiable et durable ».

Bruxelles a déjà amorcé ce travail en proposant notamment le Plan Canal, qui vise à étudier et réfléchir à une stratégie pour le développement de la zone autour du canal. On ne part pas de zéro, quand on voit par exemple les abattoirs d'Anderlecht ou l'atelier Velofabrik à Bruxelles. Mais le plus gros reste à faire; à nous, citoyens, d'utiliser ce potentiel. N'ayons pas honte de nos industries. N'ayons pas honte de ceux qui y contribuent, et rendons-nous compte qu'un bleu de travail vaut autant qu'un col blanc.