À Berlin, les startups ne connaissent pas la crise !

Article publié le 26 novembre 2015
Article publié le 26 novembre 2015

La capitale allemande est devenue en quelques années une plateforme incontournable dans le domaine de la high-tech et de l'information. Un nouvel eldorado pour les jeunes entrepreneurs du monde entier?

La crise (économique et financière), ce mot devenu familier pour la plupart d'entre nous, touche l'Europe et le monde entier depuis 2008. Et pourtant à Berlin, les startups semblent exploser ces dernières années et se comptent déjà par milliers : la ville est même surnommée la Sillicon Allee en référence directe à sa grande sœur de San Francisco. Comment la capitale allemande s'est-elle refait aussi vite une cuti alors que l'ancien maire lui-même la décrivait comme « pauvre mais sexy » ?

Quelques chiffres

Selon le Tagesspiegel, une startup se crée toutes les 20 heures à Berlin et la capitale allemande possède également la moyenne la plus haute de création de startups du pays.  Selon une infographie de l'état des startups berlinoises en 2013 publiée par Venture village, 44% des nouveaux entrepreneurs ne sont pas allemands et 90% des employés ont moins de 35 ans, ce qui montre l'attractivité de Berlin pour les jeunes expatriés.

Un « business model » qui fait €€€ (recette quoi) !

Avez-vous déjà entendu parler de Rocket Internet? Il s'agit de l'incubateur berlinois de startups, créateur de sociétés à croissance ultra-rapide comme Zalando, Home24 ou encore Wimdu. Comment cela fonctionne-t-il? Rocket internet a publié son business model sur son site. Ils ne sont pas des investisseurs, mais des créateurs. Ils entendent par-là, construire une startup en s'inspirant des idées des concurrents et pousser très vite sa notoriété à coups d'investissements marketing importants. Et malheureusement, si une startup ne fonctionne pas aussi bien que prévu, les employés en sont les premières victimes comme l'a prouvé une fois de plus le licenciement de 70 personnes en octobre dernier chez Helpling, une société de ménage à domicile.

Il y a une vie après Rocket !

Heureusement, toutes les startups berlinoises ne sont pas aussi agressives et surtout n'appartiennent pas à des incubateurs. Certaines, encore rares, arrivent même à créer leur projet en autofinancement et cela afin de garder le contrôle de leur bébé. C'est le cas notamment de la jeune startup berlinoise "Bruno matelas", qui a conquis depuis plus d'un an le marché du matelas en Allemagne. Comme les fondateurs Felix Baer et Andreas Bauer l'expliquent sur leur site: "Déterminés dès le départ à ne faire aucun compromis sur la qualité de notre matelas lors de la production, nous avons testé et mis au point des centaines de prototypes pour enfin obtenir le matelas Bruno". Le microcosme des startups étant impitoyable, il faut arriver à produire de la qualité et de la valeur pour le consommateur, qui est la clé du succès, ou non, d'une jeune entreprise. Pour Bruno, cela semble porter ses fruits puisque la startup est déjà rentable et les clients satisfaits se passent bien le mot.

Et maintenant?

Berlin reste une ville très dynamique et une opportunité pour les jeunes diplômés en recherche d'emploi (pour une première expérience en tous cas) dans le secteur des services en ligne et des nouvelles technologies. On peut bien-sûr peser les pour et les contre de travailler dans une startup. Mais ce nouveau modèle d’entreprise ne reflète-t-il pas tout simplement les évolutions et attentes de nos sociétés occidentales ? A savoir : la rapidité, la créativité et la mondialisation et ce pour le meilleur comme pour le pire.