9/11 et fin du monde : les « survivalistes » ou la cécité de la peur

Article publié le 11 septembre 2012
Article publié le 11 septembre 2012
Dans le sillage des attentats du 11 septembre et à l’instar d’une nouvelle série intitulée Familles d’Apocalypse, il semblerait que les Américains soient en train de fomenter une sous-culture de plus en plus importante à l’approche du 21 décembre 2012 : les « survivalistes ».
Mais une étude menée par National Geographic nous révèle que les Européens, aussi, peuvent se préparer minutieusement à la probable fin du monde. Décryptage.

Vous avez peur. La vie ne vous réserve pas de cadeaux en ce moment. Après un doctorat en génie mécanique, 14 stages dans le bâtiment et une centaine de missions au sein d’Organisations non-gouvernementales, vous êtes homme-sandwich dans les travées du Stade de France. Vous avez 27 ans. Vous êtres précaire. A chaque refus de candidature pour un CDD, vous rapprochez sensiblement votre pouf Ikéa du bouton d’arrivée de gaz de votre studio. Ok, vous survivez mais vous n’êtes sûrement pas « un survivaliste ».

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Le 21 décembre 2012 aidant, « le survivalisme » a inspiré National Geographic Channel. La chaine de télévision américaine a effectivement eu la bonne idée de produire une série documentaire de 10 épisodes qui aura pour objectif de présenter des familles américaines se préparant méticuleusement à la fin du monde. Entre l’arrêt du calendrier maya et la psychose - toujours vivace – suscitée par les attentats du 11 septembre, il s’agira donc d’être prudents. Ces survivalistes veulent avant tout pouvoir aborder une hypothétique catastrophe sereinement, avec l’espoir d’y résister.

Bien. Mais que viennent faire les Européens dans tout ça ? Tout d’abord, que l’on sache, les États-Unis n’ont pas le monopole de la peur. Et National Geographic l’a bien compris. En sus de sa production intitulée Familles Apocalypse, la chaine a téléguidé une étude dans le but de déterminer les peurs des Européens face au monde de demain. Premier enseignement : 82% d’entre eux craignent la crise économique et ses conséquences. Mais ça, pardonnez-nous, on s’en fout un peu. A notre humble avis, il est impossible d’être préoccupés par quelque chose à partir du moment où ce quelque chose existe déjà. Demandez donc aux Espagnols, aux Italiens ou aux Grecs. Ils ont bien fini d’avoir peur.

Boulimie et partouze géante

Non, les principales conclusions de ce sondage réalisé en ligne auprès d’une population allant de 18 à 49 ans dans 16 pays (en France, Espagne, Portugal, Italie, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Royaume-Uni, Allemagne, Finlande, Estonie, Pologne, Russie, Grèce, Turquie et Bulgarie) résident dans la montée de la peur du terrorisme et la préparation à l’éventualité d’une apocalypse.

Premièrement, 22% des interrogés craignent l’éruption d’une attaque terroriste. Si les pays du Sud ont carrément autre chose à penser, la trouille d’une éventuelle attaque est beaucoup plus élevée dans les pays du nord de l’Europe à savoir le Royaume-Uni, la Russie et la Norvège. La Norvège dont 25% des personnes interrogées mentionnent le terrorisme, un an après le massacre d’Utoya. Ce sont des chiffres qui peuvent paraître paradoxaux car on relève également que les pays nordiques (avec l’Allemagne) sont considérés comme les plus sûrs. L’argument déclamé ? La stabilité économique est synonyme de sécurité. Mais pas d’abris anti-bombes, apparemment.

Last but not least, l’étude révèle que 32% des Européens déclarent se préparer à la fin du monde. La moitié de nos concitoyens affirment déjà qu’ils feraient les choses différemment s’ils savaient que le 21 décembre 2012 était sans lendemain. Mais, tenez vous bien, le meilleur arrive. 25,9 % affirment que, face à une catastrophe genre tsunami, tremblement de terre ou Melancholia, ils mangeraient tout ce qu’ils veulent et 24,9% admettent qu’ils auraient plus de relations sexuelles. Ça tombe bien. Car les « survivalistes » prévoient les choses en grand. Sur les réseaux sociaux, une partouze géante des survivants de 2012 a déjà été organisée et compte à ce jour près de 15 000 participants. Allez savoir si notre homme-sandwich s’est inscrit…

Photo:  © courtoisie du site officiel du film "Take Shelter" Vidéos : "Doomsday Preppers" (cc) NationalGeographic/YouTube ; "Le survivalisme, mode d'emploi" (cc) nouvo/YouTube