9 mai 2011 : Ukraine et Europe, drapeaux et médailles

Article publié le 9 mai 2011
Article publié le 9 mai 2011
Le 9 mai, la « journée de l’Europe » marque le 61ème anniversaire de l’Union Européenne, mais en Ukraine nous allons célébrer le « Jour de la Victoire ». Pour la première fois, les députés ont obligé les autorités locales à mettre un drapeau rouge (le « Drapeau de la Victoire ») à côté du drapeau national bleu et jaune.
L’indignation se fait déjà entendre, pas seulement du côté des intellectuels, mais aussi chez tous les hommes de bon sens.

Après l’effondrement de l’URSS, le Kremlin de Moscou a eu à cœur de ramener ses « fils prodigues » en son sein. La première méthode était l’utilisation de la langue russe. Beaucoup de gens dans les pays de l’après-URSS parlent russe et ils aiment cette langue, mais craignent maintenant de la parler à cause du nouveau slogan « Là ou il y a la langue russe, il y a la Russie. »

 En 2005 les autorité russes ont lancé une autre campagne promotionnelle. Tout le monde était appelé à honorer les héros tombés lors de la Grande Guerre Patriotique (1941-1945) en portant la médaille de saint Georges, un saint russe qui a beaucoup gagné en popularité quand l’Impératrice Yekateryna (1729-1796) institua l’ordre de saint Georges et la médaille à ruban jaune et noir qui le symbolise. Après avoir décoré l’impératrice elle-même, elle serait remise aux soldats qui se distingueraient. L’ordre fut dissous par les autorités communistes entre 1917 et 1992, suite à la décision de Staline d’associer la médaille de saint Georges à des décorations soviétiques : il pensait que le souvenir de la grandeur de l’Empire russe pourrait décupler l’ardeur guerrière des soldats.

Elle est revenu à la mode depuis cinq ans, mais cette année il semble qu’on en ait usé le ruban jusqu’à la corde. Clamant haut et fort le nouveau mot d’ordre « Sortez les drapeaux rouges ! », le dirigeant du parti communiste ukrainien, Petro Symonnko, a juré de faire poursuivre en justice ceux qui ne sortiront pas le drapeau. Il y a une relation perverse entre les partis communistes et l’impérialisme russe dans les pays de l’ex-URSS. « Le 8 mai est célébré comme la fin de la guerre, m’explique Samuel, un ami slovaque. C’est un jour férié mais je ne crois pas qu’on y fasse beaucoup attention. » Je l’envie parce qu’il vit dans l’Union Européenne, un endroit où personne ne peut obliger les gens à sortir le drapeau rouge ou les menacer de démêlés avec la justice ou la police. Nous, en Ukraine, on ne vit qu’en Europe.