70 ans en arrière : à la guerre comme à la guerre

Article publié le 1 septembre 2009
Article publié le 1 septembre 2009
Le 1er septembre 1939, la Pologne est envahie par les troupes allemandes : c’est le début de la guerre la plus meurtrière de l’Histoire. Son impact résonne encore ici et là en Europe. En Estonie, au Portugal, au Royaume-Uni... la presse européenne en parle.

Diário de Notícias - Portugal

« En 1945, lorsque la guerre a pris fin, le bilan était le plus lourd jamais vu alors: 70 millions de morts - 50 millions de plus que lors de la première guerre mondiale»

Le monde entier a gagné quand la seconde guerre mondiale a pris fin, écrit le quotidien Diário de Notícias pour le 70e anniversaire du déclenchement de la guerre : « En 1945, lorsque la guerre a pris fin, le bilan était le plus lourd jamais vu alors : 70 millions de morts, 50 millions de plus que lors de la première guerre mondiale. Le pire, c'est que 60 % d'entre eux étaient des civils. (…) Le fait que la seconde guerre mondiale ait pris fin avec la bombe atomique, une nouvelle arme si effrayante qu'elle n'a jamais été réutilisée depuis, confère à cette guerre un niveau d'absurdité qui n'est définitivement propre qu'à elle-même. (…) Une cérémonie aura lieu aujourd'hui à Gdańsk, à laquelle assisteront le président polonais Lech Kaczyński, [la chancelière allemande] Angela Merkel, [le chef du gouvernement italien Silvio] Berlusconi et [le premier ministre russe Vladimir] Poutine. Selon toute apparence, ils représentent la victime, l'agresseur, l'allié et le complice. Mais en réalité, ils représentent les vainqueurs. Car au regard de la manière dont la seconde guerre mondiale a pris fin, nous avons tous gagné. »

(01.09.2009)

Eesti Päevaleht - Estonie

Pour le quotidien Eesti Päevaleht, la seconde guerre mondiale n’a pas eu le même impact dans tous les pays du monde : « La chute du mur de Berlin en 1989, et le changement politique qui en a découlé en Europe de l'Est, met vraiment fin à la guerre dans ces pays-là. Tandis que la guerre froide se poursuit jusqu’en 1991, avec l'effondrement de l'Union soviétique, l'Estonie et la Lettonie se libèrent de ce joug qu'en août 1994, lorsque les derniers soldats russes se retirent (…) On peut même sentir les conséquences de la seconde guerre mondiale chez nous aujourd’hui, au travers de la polémique sur le monument aux morts soviétiques de Tallin, et les bombes et les mines de la seconde guerre mondiale que l’on déterre encore. Et elle résonne encore à Varsovie où l’on reproche à Moscou de ne pas avoir encore publié tous les documents relatifs au massacre de Katýn [lors duquel des troupes soviétiques avaient tué des milliers de Polonais]. »

(01.09.2009)

Die Presse - Autriche

« On a facilement oublié que de nombreux Autrichiens ont dû participer à la guerre contre leur gré»

Les historiens et intellectuels autrichiens critiquent le silence qui entoure un peu partout le 70e anniversaire du déclenchement de la guerre. Pour le quotidien Die Presse, il y a de nombreuses raisons à cela : « Dans le cas de l'Autriche et de la seconde guerre mondiale, il y a un autre motif de refoulement discret : comme l'indique la ligne de conduite qui persiste depuis des années, nous n'avons rien à voir avec la seconde guerre mondiale car nous en avons été les premières victimes politiques - pratiquement plus personne ne croit aux victimes militaires. On a facilement oublié le fait que de nombreux Autrichiens ont dû participer à la guerre d'agression, certains enthousiastes, d'autres contre leur gré. Cette non-reconnaissance conduit au fait qu'il y a en Allemagne tout naturellement des installations militaires qui portent le nom de l'auteur de l'attentat contre Hitler [Claus Schenk Graf] von Stauffenberg et de ses camarades de combat. En Autriche en revanche, aucune caserne ne rappelle les héros autrichiens du 20 juillet 1944. »

(01.09.2009)

The Times - Royaume-Uni

A l'occasion du 70e anniversaire du déclenchement de la seconde guerre mondiale, le quotidien conservateur The Times évoque l'amitié britannico-polonaise : « La Grande-Bretagne (…) a offert une patrie à une communauté en exil, celle de 70 000 Polonais qui étaient restés dans le pays après la seconde guerre mondiale. En outre, elle a soutenu le mouvement Solidarité émergent. Lorsque [le premier ministre britannique de jadis] Margaret Thatcher a visité Varsovie en 1988, elle et [le président de l'époque du syndicat Solidarność] Lech Wałęsa ont été salués avec enthousiasme par la paroisse de St. Brygida. Dans son éloignement du communisme, la Pologne a entrepris un voyage idéologique diffus, qui comportait également le populisme d'extrême droite des jumeaux Lech et Jaroslaw Kaczyński. Mais son statut de membre à part entière d'un continent tolérant et libéral n'est pas remis en question. Comme l'a déclaré [l'ex-Premier ministre] Tony Blair à l'occasion de l'adhésion [de la Pologne] à l'UE en 2003, la Pologne est pour la Grande-Bretagne une vieille amie dans une Europe nouvelle. »

(01.09.2009)