60 secondes pour raconter notre époque

Article publié le 2 septembre 2008
Article publié le 2 septembre 2008
Un festival de cours métrage d’un minute maximum se tiendra à Prato, dans les environs de Florence, du 6 au 13 septembre. Un condensé de créativité.

Au premier abord, la consigne est contraignante. Mais c’est justement le défi lancé par ce concours international, accueilli au centre d’art contemporain Pecci de Prato : rassembler, en 60 secondes, un condensé de créativité. Cinéaste en herbe ou accompli : qui trouve-t-on dans le public de Vidéominute ? « Beaucoup sont fans des participants, explique Georg Breusch, responsable technique du festival. Ils font des commentaires, ils soutiennent leurs préférés et ne se gênent pas pour siffler ou critiquer à voix haute. Ce n’est pas le public classique d’un festival de cinéma. Les votes qui ont le plus de poids sur le verdict final sont ceux du jury populaire, tiré au sort parmi l’assistance. »

Vidéominute n’est pas unique en son genre. Au fil des ans, le festival a tissé des liens avec les autres manifestations de ce type pour donner naissance au One World One Minute Festival. Créé en 2007, il se compose aujourd’hui de la Suisse (Video Festival Aarau), la Hollande, l’Angleterre, la Pologne, la Lituanie (Pravda One Minute), la Slovaquie (Azyl Film Festival), la Croatie (COM Film Festival), le Portugal, le Chili, le Brésil (One Minute Festival Brazil), les États-Unis, le Canada (Minute Moments), l’Espagne (Iberminuto), et d’un festival sans frontières sur Internet (Filminute).

Pour célébrer la grande famille de Vidéominute, l’un des événements d’importance de cette année est l’exposition One World One Minute : 900 vidéos en provenance de 87 pays, sélectionnées par la Fondation One Minutes d’Amsterdam. Cette manifestation, présentée pour la première fois en juin au Today Art de Pékin en Chine fait partie intégrante du programme des Jeux olympiques, afin de démontrer que le sport n’est pas le seul moyen de dépasser les barrières culturelles.

Le sexe, la guerre et l’art

Parmi les œuvres exposées, Banana Rossa dénonce les mines antipersonnel. L’auteur, Paolo Zucca, a été vainqueur de Vidéominute 2004. Paolo a participé à plusieurs éditions du festival avant de remporter un prix : « La première fois qu’ils m’ont appelé, c’était pour me dire que je n’étais pas retenu mais qu’ils auraient volontiers projeté ma vidéo dans les toilettes. Toujours mieux que rien. »

Le sexe sera également au rendez-vous : prenez place dans la Cortomobile, une Alfa Romeo 2000 berline de 1974 dont les fenêtres sont occultées par un tissu bordeaux. Là, vous pourrez assister à Sexy Minute, une sélection traitant du sexe sur le mode ironique, sensuel ou romantique. À voir en couple exclusivement.

La soirée de clôture prévoit des DJ et VJ (video-jockey) de différentes nationalités dont les Canadiens Chic Miniature et l’équipe de design visuel berlinois Pfandfinderei qui mêleront musique et vidéos à travers les salles du musée pour souligner que le son, l’image et la technologie se trouvent au cœur de l’art contemporain.