50 nuances d'identité : au-delà des frontières

Article publié le 22 septembre 2014
Article publié le 22 septembre 2014

Italienne ou Canadienne ? Irlandaise, Française ou peut-être Européenne ? Et une fois qu’on a tranché la question, où placer les origines américaines ? Bienvenue dans le monde turbulent de l’identité, où les frontières ne cessent de tomber mais où rien n’est acquis.

L’humanité n’a jamais connu de telles vagues de migration. Cela a sans aucun doute un impact sur notre perception de l’identité, alors que nos échanges et interactions avec les différentes communautés humaines ont donné naissance à des identités complexes. Même à l’heure de la modernité, nous restons obsédés par l’emploi de labels, de nationalités qui compartimentent des identités bien complexes, sans prendre en compte que nous nous définissons non pas uniquement par notre pays, mais aussi par notre appartenance nationale, ethnique, culturelle, linguistique, religieuse et sociale. L’identité est un sujet épineux puisqu’il touche le cœur de quelqu’un. Personne n’a le droit de dire à quelqu’un d’autre qui il est. Malheureusement, certains passent outre pour imposer une identité à d’autre, comme s’ils étaient dotés du pouvoir divin de dire qui appartient à quel groupe.

Derrière le visage

Quand je me suis assise pour rédiger cet article, mon premier réflexe a été de vous expliquer, chers lecteurs, toutes les facettes de mon identité, comme si, en quelque sorte, j’avais besoin de l’approbation de quelqu’un pour qu’on légitime qui j’étais et le groupe culturel auquel j’appartenais. Je vais réduire mon baratin pour expliquer de façon plus concise qui se cache derrière le bureau de l’édition anglaise de cafébabel.

Mon identité est flexible, elle dépend de l’endroit où je me trouve, de la personne avec qui je suis. Quand je me retrouve au Canada, je suis Italienne. On peut rapidement apercevoir les différences qui me séparent des autres Canadiens, que ce soit au niveau de mon comportement, de mes références culturelles ou de mon langage. En Italie, on me considère souvent comme une Canadienne, mais aussi comme une « sorte d’Italienne », puisque même si on partage une histoire commune et certains aspects, je suis tout de même différente des autres. J’appartiens à ces nationalités, comme si les frontières italienne et canadienne se brouillaient à l’intérieur de moi. Mon identité canadienne englobe aussi de plus petites composantes comme mes origines irlandaises, écossaises et le fait que je sois née en Amérique du Nord. En Irlande, d’où vient ma famille canadienne, j’aime écouter les vieilles chansons et les mots gaéliques. Quand je me retrouve au beau milieu de visages blancs, bien que je sois l’un d’entre eux, je sais aussi que je suis née en Amérique, ce qui change ma relation envers la colonisation et l’histoire américaine.

Italienne, Canadienne, Irlandaise, née en Amérique... et Européenne !

Mon identité n’est pas figée. Avant d’arriver en Europe, je ne me serais pas identifiée en tant qu’Européenne. Quatre années et trois pays plus tard, je peux affirmer que cet adjectif me définit. C’est la partie la plus récente de mon identité et celle que je vais continuer de développer aussi longtemps que je vivrai ici. En bref : je suis Italienne, née au CanadaIrlandaise, Française et Européenne. Ca ne vous plaît pas ? Dommage, c’est à moi de définir et à vous d’accepter, sans autre forme de procès.