40e jour de grève de la faim de 300 migrants sans papiers : des vies désormais en danger de mort

Article publié le 6 mars 2011
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Article publié le 6 mars 2011
grevistedelafaimA leur quarantième jour de grève de la faim, les près de 300 migrants sans papiers qui réclament leur régularisation ont à nouveau rejeté la proposition du gouvernement. Celui-ci leur a proposé en fin de semaine, sous réserve qu’ils mettent fin à la grève de la faim, un statut leur permettant de rester en Grèce pendant six mois, dans l'attente d'un réexamen de leur cas. Le journal To Vima rapportait vendredi soir la déclaration du représentant des grévistes qui, d’une part, « rejettent d’une même voix la proposition » du gouvernement parce qu’elle « ne répond pas à leur demande », d’autre part, « rejettent la demande de transfert dans les hôpitaux de tous les grévistes » : « nous continuons sous les auspices de nos médecins, ceux dont l’état de santé le nécessite y seront transférés ».

Photo publiée dans le journal Eleftherotypia

Un médecin qui suit les grévistes a constaté l’apparition de symptômes de trouble cardiaque, d’insuffisance rénale, de déshydratation importante ainsi que des douleurs abdominales ; il déclarait jeudi « On est au bord du précipice. Leur régularisation sera inutile quand ils seront morts ». En plus de leur refus de s’alimenter, un certain nombre de grévistes refuse aussi de s’hydrater. Plus d’une centaine d’entre eux sont d'ores et déjà hospitalisés pour cause d’épuisement ou d’état de santé alarmant. Ceux qui poursuivent la grève sont dans un état de santé qui atteint aujourd'hui un point critique. Jeudi soir, un conflit ouvert a éclaté au sein du gouvernement entre le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Défense qui lui reproche son traitement de la situation, soulignant à ce stade l’état de nervosité des autorités.

De nombreux syndicats, organisations et personnalités, grecs et étrangers, soutiennent l’action des grévistes. Le nombre total des sans-papiers en Grèce est estimé autour de 400000. 150000 d’entre eux ont perdu leurs droits en perdant leur travail, la loi grecque liant le permis de séjour au paiement de cotisations sociales, d'autres ont été déboutés de la dernière régularisation en 2005 ou sont arrivés après. Les grévistes de la faim se partagent entre ces trois catégories.