4 présidents qui ne font jamais la Une

Article publié le 26 octobre 2017
Article publié le 26 octobre 2017

La Slovénie vit actuellement dans un suspens insoutenable. Son président, Borut Pahor, joue sa place au 2nd tour d'une élection présidentielle pour laquelle il a déjà recueilli plus de 47% au premier scrutin. Vous n'aviez jamais entendu ce nom ? Nous non plus. D'ailleurs, nous nous sommes rendu compte qu'au rang des présidents oubliés, il n'était pas le dernier.

Borut Pahor, la "Barbie" slovène

Le parcours de cet homme politique slovène est (presque) sans faute. Militant de la ligue Communiste pendant ses études, il se lance quelques années plus tard en politique, diplôme de relations internationales en poche.

Député, président de l’Assemblé Nationale, député européen puis chef du gouvernement, Pahor accède à la présidence slovène en 2012 avec plus de 67% des voix au second tour. Seulement voilà, en Slovénie, la fonction de président c’est un peu comme un œuvre de Jeff Koons : c’est bling et ça en jette mais ça reste très décoratif. Un rôle qui ne va pas si mal à celui que les slovènes appellent désormais « Barbie ».

Ce surnom colle à la peau de Borut Pahor, depuis le temps où, encore étudiant, il troquait sa gravroche de militant pour la casquette de mannequin photo.

Avec un rôle principalement protocolaire, le président slovène ne semble pas avoir marqué les esprits européens. En revanche, il n’a pas laissé indifférent l’un de ses prédécesseurs Milan Kucan, en poste jusqu'en 1991. Ce dernier l’accuse d’avoir dénaturé et banalisé la fonction de président. En cause, les comptes instagram et twitter de Borut Pahor qu’il utilise pour « charmer la jeunesse du pays ». On peut y retrouver des photos de lui torse nu et prenant des poses lascives.

Sergio Mattarella, le joueur de foot ?

Sergio Mattarella... ce nom devrait vous évoquer quelque chose. Mais si, vous savez, Mattarella, le président de l’Italie depuis février 2015.  Si cela ne vous avez pas semblé évident, on ne vous en veut pas. Même en Italie, la participante d’un jeu télé le confondait récemment avec le chef du gouvernement. Président ou Premier ministre, après tout il est aisé de se tromper.

Pour ce président aux fonctions purement symboliques et protocolaires, l’accès au pouvoir a été pour le moins consensuel. En 2015, ce sont en effet de « grands électeurs » qui se sont réunis et qui l’ont largement désigné, avec 66% des votes, à bulletin secret. Il faut dire que ce septuagénaire commence à faire partie des meubles. Député, ministre de l’instruction publique, de la défense, vice-président du conseil, juge constitutionnel... après une telle carrière et avoir adhéré à quatre partis politiques différents, il méritait bien quelques honneurs.

Cerise sur le tiramisu : le logement de fonction. Avec une surface faisant 40 fois celle de la Maison-Blanche, le Palazzo del Quirinale a de quoi rendre jaloux. Avant Matarella, trente papes, quatre rois d’Italie et même Napoléon Bonaparte y ont demeuré depuis son ouverture en 1583. Une maison remplie d’histoire.

Kersti Kljulaid, la palpitante estonienne

Si on vous dit Kersti Kaljulaid, vous pensez montagne africaine, petit village perdu en Inde ou encore marque de soda en Turquie ? Mais non, Kersti Kaljulaid n’est autre que la première femme à accéder à la présidence de l’Estonie. Jamais entendu parler non plus ?

Employée de banque dans le secteur privé à la fin des années 1990, Kersti Kaljulaid devient conseillère financière du Premier ministre. Puis lorsque l’Estonie rejoint l’Union Européenne en 2004, elle devient membre de la Cour des comptes européenne.

En 2016, à la suite de cinq tours de scrutins infructueux, son nom est finalement retenu par les parlementaires et elle est élue présidente à 46 ans. Mais en Estonie rebelotte, c’est encore le Premier ministre qui détient tous les « vrais » pouvoirs. Le titre de président relève plus de la fonction honorifique qu’autre chose, comme dans la plupart des démocraties parlementaires.

Alors pourquoi autant d’hésitation à la faire élire ? Tout simplement parce que personne ne la connaissait. Elle a dû s’engager auprès des médias et des parlementaires à booster sa notoriété pour être enfin investie.

Frank-Walter Steinmeier, l'ombre de Mutti

Que celui qui a eu connaissance du changement de président en Allemagne se dénonce.  

Frank-Walter Steinmeier n’est pourtant pas un blanc-bec de la politique. Doctorant en droit et fonctionnaire de carrière, il enchaîne depuis 1999 les postes à prestige : directeur de la chancellerie fédérale sous Schröder, ministre fédéral des affaires étrangères, vice-chancelier, puis président du groupe SPD au Bundestag, pour enfin devenir président de la République fédérale d’Allemagne en février dernier. Parcours sans faute pour le sexagénaire.

Il faut dire qu’il ne faut pas être pressé, pour devenir président au pays des Teutons. Il est interdit de se présenter à la fonction présidentielle avant 40 ans mais les candidats dépassent bien souvent cet âge. Joackim Gauck, le président sortant, en avait 72 quand il entrait en fonction.

Mais l’actuel président allemand fait moins l’unanimité que son prédécesseur. Steinmeier traîne qulelques casseroles : refus de reconnaître le génocide arménien, soutien à la guerre en Irak, refus de rencontrer le Dalaï Lama… Il serait peut-être temps d’apprendre à le connaître, non ?