La coupe du monde de football, c’est d’abord l’amour du ballon rond. En Italie, les commentateurs sportifs en perdent leur latin : « La palla “pallonzola”! » s’écrie le commentateur Bruno Longhi, au lieu de dire la « palla “rimbalza” » (« la balle rebondit »). L’émotion. Pour l’édition 2010, le « rundes Leder » (« cuir rond » en allemand) ne sera sûrement pas manié avec talent par tous. A côté des rares et géniaux « funambuli » (« funambules »), vous tomberez forcément sur les membres d’« una squadra di brocchi » (« une équipe d’ânes » en italien), la « Gurkentruppe » (« une équipe de concombres » en allemand) sur qui tout le monde veut tomber. Presque tout le monde. « ¿Un rival sin interés atacante? Es como intentar hacer el amor con un árbol » (« un rival sans velléité offensive, c’est comme faire l’amour à un arbre »), trouve au contraire Jorge Valdano, l’ancien entraîneur du Real Madrid.

Alors, des pronostics pour l’édition sud-africaine ? On peut être péremptoire à la Gary Lineker, ancien joueur de foot britannique, pour qui « football is a simple game: 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win » (« Le football est un sport simple : 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, les Allemands gagnent toujours »), ou prétentieux, à l’italienne, lesquels scandaient « Il cielo è azzurro sopra Berlino!» (« le ciel bleu est sur Berlin ») après leur victoire en 2006. En même temps, la sagesse du mythique entraîneur polonais Kazimierz Górski nous dit que « piłka jest okrągła, a bramki są dwie » (« dans le foot, la balle est ronde et il y a deux cages »). Tout peut donc arriver. Dans ces conditions, « en el fútbol hay que ganar y ganar y ganar y volver a ganar y ganar y ganar ». (« dans le football, il faut gagner et gagner et gagner et encore gagner et gagner et gagner ») nous apprend Luis Aragonés, l’ex-sélectionneur de l’Espagne. Et si vous perdez, comme le fît la France contre l’Italie à l’Euro 2008, vous pourrez toujours la jouer romantique, à l’instar du sélectionneur français Raymond Domenech. Interrogé sur son avenir à la tête de l’équipe de France sur M6, il rétorquait : « Je n’ai qu’un seul projet, c’est épouser Estelle ». Suffisant pour ne pas parier sur la France en 2010 ?