Le multimillionnaire de Galway revient en force pour dire « non » une deuxième fois au traité européen lors du référendum du 2 octobre 2009. Entre coups de force et coups de pubs.
Le come-back de l’Irlandais Declan Ganley contre le traité de Lisbonne
(robartes)
ACTU
Traduction : Eléonore Arbona
24/09/09
Tags : Référendum, Union européenne, Irlande, Traité de Lisbonne, Actualité, EUweek.
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Il a fait un retour surprise dans la vie publique irlandaise le 14 septembre dernier, lors d’une conférence de presse à Dublin. Declan Ganley, l’homme d’affaires originaire d’Angleterre, et leader du parti Libertas contre le traité de Lisbonne, a mené avec succès la campagne du « non » qui avait débouché sur le rejet du texte en juin 2008. Il voulait faire de Libertas le « premier parti politique rassemblant toute l’Europe ». Mais face à un échec électoral, il s’était retiré de la politique.
Un traité anti-démocratique
« C’est une action hostile à la démocratie, une prise de pouvoir si osée qu’elle en est presque incroyable »
Le retour en selle de celui qu’on catalogue comme anglais (il est né et a vécu à Watford jusqu’à ses treize ans), est bon signe pour tous les partisans du « non » en Irlande. Même si ce charismatique personnage qui a bâti sa fortune et son entreprise de télécommunications aux Etats-Unis (il fournit ses services à l’armée) suscite la méfiance, ses interventions sont largement relayées dans les médias. Dans une interview au Wall Street Journal, le 10 septembre 2009, Ganley compare le traité de Lisbonne au texte de Constitution européenne : « Pourquoi, alors que les Français ont voté non, que les Hollandais ont voté non, et que les Irlandais ont voté non, nous impose-t-on encore le même régime ?, s’interroge-t-il. Il s’agit là d’une action hostile à la démocratie. C’est une prise de pouvoir si osée qu’elle en est presque incroyable. »
Pourquoi revenir maintenant ? Ganley dit vouloir « défendre la vérité ». Pour lui, les garanties obtenues par le gouvernement irlandais sur des questions controversées comme l’avortement et la neutralité, sont « creuses ». Il affirme que le camp du « oui » « en est venu à mentir dans son désespoir ». Les tout derniers sondages du Sunday Independent et le Sunday Business Post estiment que respectivement 63 % et 62 % des Irlandais soutiennent le traité de Lisbonne. On évalue les votants hostiles au traité à 15 et 23 %. Tous les partis politiques de la république soutiennent ce texte, sauf les républicains marxistes de Sinn Féin.
Declan Ganley cache son drapeau américain lors d’une interview avec la télé allemande.
Les coups de pub de Ganley
En 2008, Libertas avait mis en place des stratégies de communication, complètement innovantes pour l’Irlande, à l’intention des médias. Des coups de publicité financés par Ganley qui incluaient par exemple la banderole « Laissez l’Europe sur la touche - Votez Non » tractée par avion, au dessus du stade national de Croke Park, à Dublin, pendant une finale de coupe. Cependant, cette année, on ne prévoit pas une campagne extravagante : c’est la récession, mon pauvre ami. « Nous n’allons pas mener une campagne semblable à la dernière campagne du traité de Lisbonne », a confirmé Ganley le 14 septembre. « Les ressources dont nous disposons sont très réduites par rapport à celles du camp du ‘oui’. » Il espère rassembler entre 50 000 et 200 000 euros pour financer panneaux d’affichages, affiches et journaux promouvant le « non ». Et ensuite ? Son objectif ultime, explique-il au Wall Street Journal, est d’établir un document écrit de 25 pages prévoyant l’élection d’un président de l’Europe.
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