30 % des électeurs mobilisés pour les Européennes

Article publié le 2 juin 2009
Article publié le 2 juin 2009
A six mois des élections parlementaires, seulement 30 % des personnes interrogées sont sûres d’aller voter entre le 4 et le 7 juin prochain. Encore faut-il que l'Europe retrouve sa passion pour la politique, à moins qu’elle la perde complètement !

Le Portugal est bon dernier : seuls 14 % des citoyens de cet Etat affirment vouloir participer au rendez-vous électoral de juin 2009. En premier de la classe, on trouve le Luxembourg où 68 % des habitants souhaitent aller voter. Voilà les dernières statistiques de l'Union européenne diffusées à l'automne 2008. De ces chiffres ressort également le manque d’intérêt de la République tchèque où les élections suscitent le moins d'intérêt : 71 % de la population fait totalement l'impasse sur ce sujet.

Le climat de crispation que son président, le conservateur Václav Klaus, entretient dans le pays avec ses déclarations anti-européennes ne peut qu'influer sur le désenchantement de ses compatriotes. Il y a un mois, il a déclaré qu'il se considérait comme un « dissident de l'UE » et a mis plus d'une fois en difficulté le gouvernement du premier ministre démocrate-chrétien Topolanek, en proposant par exemple que le drapeau européen ne figure pas dans les actes, logotypes et documents de la présidence semestrielle de l'UE que la République tchèque rendra publics à partir de janvier 2009.

Stefano Bartolini et Mark Franklin, chercheurs à l'Institut universitaire européen, estiment qu'il y a d'autres raisons qui expliquent le désintérêt des Européens pour les élections : « L’enjeu n’est pas vraiment celui du pouvoir politique, décryptent-ils, ce qui explique pourquoi les partis extrémistes ou extravagants ont tant de succès lors de ce scrutin, car l'électeur européen a l'impression de soutenir un parti qui aura une influence sur l'Europe au quotidien, même si ce parti n'est pas son favori », ajoute Franklin. Cette opinion est confortée par le résultat d'une enquête qui montre que 68 % de ceux qui n'iront pas voter se justifient en prétendant que « leur vote ne changera rien ».

Il manque une véritable unité dans les partis européens 

Andrew Duff, eurodéputé libéral chargé d'élaborer un projet de législation pour réformer le système électoral, souligne le fait que la durée des élections, étalées sur quatre jours, est une des raisons principales de la désaffection des citoyens, « car les médias ne peuvent couvrir l'événement de manière rentable pendant quatre jours et pour cette raison ne s'impliquent pas davantage. » Franklin et Bartolini préfèrent dénoncer l'absence de contenu européen dans ces élections : « Comme il y a tellement de différences d'opinions au sein de chaque parti européen concernant les questions européennes, les débats ne passent pas dans l'opinion publique et on ne parle de rien. » D'où le succès des référendums. Sur ce point, il précise : « Ce sont des outils qui mettent en jeu la responsabilité politique sur des questions très claires qui ne provoquent pas de divisions à l'intérieur des partis, et ainsi ils se lancent dans l'arène du débat. » La note positive ? Cette année, pour la première fois dans l'histoire de l'UE, les partis européens disposent d'un budget pour la campagne électorale. Ils devront travailler dur pour faire passer leurs convictions dans l'opinion européenne.