Les as de la finance tombent un à un. On leur aurait pourtant donné le bon dieu sans confession… Tour d’Europe des expressions.
Doux comme un agneau
©squirelradio/flickr
2008 s’achève et la couverture du Time consacre Barak Obama homme de l’année. Difficile d’y faire figurer l’ancien patron du Nasdaq Bernard Madoff. Dommage ! Bien qu’ irréverencieux, l’hommage eut été cependant infiniment plus pertinent. Ce triste sire ne représente-t-il pas le parangon d’une période de délinquance financière, de subprimes et autres parachutes dorés ? D’après l’une de ses nombreuses victimes, Steven Spielberg (plus talentueux derrière une caméra qu’avisé dans ses placements), l’homme paraissait aussi pur que l’agneau .
On lui aurait donné le « bon dieu sans confession ». A une heure où la « City » est loin de clore à la hausse, pour les Britanniques, c’était vraiment le genre d’homme à qui on peut confier en toute quiétude sa motte (d’économies) puisque le « beurre ne fondrait pas dans sa bouche » (« Butter wouldn’t melt in his mouth » ). Dans une surenchère d’angélisme, les Espagnols le confirment : il semble ne jamais « avoir cassé une assiette de sa vie » (« Parece que no ha roto un plato en su vida » ).
Pourtant, dans les eaux troubles de la finance, ça « sentait le rat » à plein nez (« to smell a rat » ). Un chat pas forcément andalou mais aux yeux doux était « enfermé dans le placard » (« Hay gato encerrado » ). Les Allemands flairaient eux aussi le « danger dans les fourrés » (« Da ist etwas im Busch » ). Quant aux Polonais, préférant ne pas le nommer, ils se contentaient de constater que derrière tout ça, il y avait bel et bien « quelque chose de caché » (« W tym cós się kryje » ).
Il suffisait à Madoff d’emprunter à l’un ce qu’il ne pouvait pas rembourser à l’autre et le tour était joué ! Seulement voilà ! Comme le disent les Italiens dans leur infinie sagesse : « Tanto va la brocca alla fontana che alla fine si rompe » (« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ») et les noisettes de l’écureuil avec. 50 milliards de dollars. C’est à peu près la même chose en euros. Bagatelles !
Et comme en matière littéraire mieux vaut être précis, voici l’expression italienne, la vraie : « Tanto va la gatta al lardo che ci lascia lo zampino » , « si la chatte mange trop le gras, elle prend le risque qu’on lui coupe la patte ».
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