Un grand succès. Cette décision est un grand succès pour les autorités serbes qui ont toujours refusé d’accepter la sécession d’une entité politique de leur territoire souverain sous la pression occidentale. La récente crise géorgienne, provoquée par l’action militaire aventurière et provocatrice d’un exécutif qui, grâce à un soutien nord-américain, et poussé par un sentiment de supériorité chauviniste, semble faire réfléchir nombre de leaders européens sur une chose : ouvrir la Boîte de Pandore, celle de la rupture des Etats, peut avoir des conséquences fatales pour tout le monde.

| Célébration de l’indépence de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie en août 2008

La Russie, tel qu’avait prévenu le leader russe Vladimir Poutine, prophétique et hermétique, avait d’ailleurs prédit la « relecture » de l’affaire dans le Caucase. Au moins, moralement, la Serbie stigmatisée devrait voir ses thèses re-validées et l’on démontrera que l’unilatéralisme de quelques puissances occidentales, mais surtout des Etats-Unis, a été un acte capricieux, sans aucune base légitime, et subordonné aux seuls intérêts géostratégiques de Washington. 

Mais que personne ne se trompe : le tapage nationaliste qui a éclaté après l’impact dévastateur de la reconnaissance du phénomène séparatiste albano-kosovar est maintenant imparable et irréparable. Qui pourrait maintenant arrêter les Albanais en Macédoine, au Monténégro et en Serbie même, où reste encore une importante minorité albanaise, sur son chemin pour construire une Grande Albanie tel qu’ils en ont rêvé après la chute du communisme ? À partir de maintenant, au moyen de la terreur, du soutien des Etats-Unis et d’une propagande bien calculée et dessinée, on pourra détruire tous les Etats du monde.

| Célébration de l’indépendance du Kosovo dans les rues de New-York

Ricardo Angoso est directeur de la revue « Lecturas para el Debate » et coordinateur général de « Diálogo Europeo ».