Rome, 19 juin 1981. Sebastiano Vinci, 44 ans, commissaire de police, est assassiné par les Brigades rouges. 6 mars 1992, Marina Petrella est condamnée à perpétuité pour cet homicide. La liste de ses crimes s’étend aussi à sa participation dans l’enlèvement du leader démocrate-chrétien Aldo Moro, coupable d’avoir cherché à faire alliance avec le Parti communiste, puis tué également.

Aujourd’hui, après une cavale qui dure depuis 1993, la France des sœurs Bruni… pardon, du « conservateur » Sarkozy, a annoncé le 12 octobre, le refus de l’extradition de Marina Petrella vers l’Italie pour des « raisons humanitaires », confirmant ainsi la « doctrine Mitterrand » de protection des anciens terroristes.

Propagande pro-Brigades Rouges

Bien sûr, l’état de santé de Marina Petrella est précaire, mais la terroriste aurait pu être soignée en Italie. De plus, selon le frère du policier tué, Aldo Vinci, « elle ne s’est jamais repentie ni excusée »… Juste au moment où la France préside l’Union européenne, cette décision ramène l’Europe en arrière de plusieurs dizaines d’années. Non seulement parce que la construction européenne se base sur la confiance entre les Etats, dont le mandat d’arrêt européen, créé en 2004, est le résultat. Mais aussi parce qu’elle ne fait qu’accentuer le clivage entre l’opinion publique italienne et française. 

En Italie, la grande majorité du monde politique, y compris le Parti démocrate (centre-gauche), est favorable à l’extradition. En France, la propagande pro-Brigades Rouges vient de trouver des nouveaux arguments après la réélection du « proto-fasciste » Berlusconi (voir le blog Eurogénération sur ce thème). Cette « non extradition » de Marina Petrella est un coup dur à la construction européenne. Et une honte pour la France de Sarkozy.