265 eurodéputées soutiennent la cause des droits de l’Homme en Iran

Article publié le 28 juin 2017
Article publié le 28 juin 2017

À quelques jours du grand rassemblement de l’opposition iranienne, qui aura lieu à Villepinte près de Paris le 1er juillet, une majorité de parlementaires européens a signé une déclaration condamnant les violations des droits de l’homme en Iran. Ce sont 265 eurodéputés, dont quatre vice-présidents du parlement et vingt-trois présidents de commissions parlementaires et de délégations qui envoient ainsi un signal fort avant que ne se retrouvent des Iraniens, militants et politiques du monde entier pour revendiquer un Iran démocratique, libéré de l’oppression sociale, politique et économique exercée par les mollahs.

Cet appel a lieu alors que, le 15 juin dernier, les États-Unis ont adopté un projet de loi visant, entre autres dispositions destinées à « lutter contre les mesures déstabilisatrices de l’Iran », à sanctionner les Pasdaran (ou Gardiens de la Révolution) pour leur soutien au terrorisme dans la région. Il a en effet été avéré que les Pasdaran formaient des milliers de miliciens et mercenaires originaires de pays étrangers par un endoctrinement idéologique puis dans des camps d’entraînement en Iran, avant de les déployer dans la région où le régime iranien est passé maître dans l’art de s’ingérer dans les affaires internes des pays voisins – en Syrie et en Irak notamment.

La déclaration des députés européens s’attache justement à ce que les Pasdaran soient placés sur la liste noire des organisations terroristes. Mais elle se concentre également sur la situation générale des droits de l’homme en Iran ; et elle déplore notamment l’usage de la peine de mort et la situation des droits des femmes – alors qu’il y a quelques semaines a été réélu un président dit « modéré » et « réformiste », connu pour ses illusoires promesses d’apaisement et d’ouverture-. Enfin, la déclaration s’attache à éveiller les consciences et interpeler les Nations Unies sur le sujet du massacre des opposants politiques en 1988, qui fit plus de 33 000 victimes en l’espace d’un été, sans distinction d’âge, de sexe, ou même d’infraction vis-à-vis du régime.

Le Parlement italien

Les parlementaires de l’Union Européenne n’étant pas seuls à exprimer leur soutien au rassemblement organisé par le Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), le 25 juin dernier le Parlement italien a publié un communiqué demandant  justice pour les victimes du massacre de 1988, considéré par de nombreuses ONG, dont Amnesty International, comme un crime contre l’humanité. Les députés rebondissent sur les développements récents de cette affaire, et notamment sur les fichiers audio de l’époque dévoilés l’été dernier, pour solliciter de leur gouvernement qu’il « condamne fermement le massacre de 1988 et conditionne toute relation avec l'Iran à un arrêt de toutes les exécutions » et « demande au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, au Conseil des droits de l'homme, à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité de l’ONU d’inscrire à leur ordre du jour le lancement d’une enquête internationale au sujet de ce crime terrible et de traîner ses auteurs devant la justice. »

C’est dans ce même ordre d’idées que, dans une vidéo de présentation de la déclaration des eurodéputés, Gérard Deprez, président des « Amis d’un Iran Libre » au Parlement Européen, déclare : « Nous appelons le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et le Conseil des Droits de l’Homme à installer une vraie commission d’enquête sur le massacre de ces prisonniers politiques. Nous demandons également aux états membres de l’Union Européenne de conditionner le développement de leurs relations avec l’Iran à l’arrêt des exécutions et à une nette amélioration de la situation en ce qui concerne le respect des droits de l’homme.»

« Dans le but d’exprimer notre solidarité avec l’opposition démocratique iranienne je participerai au rassemblement iranien qui se tiendra à Paris le 1er juillet où je présenterai le soutien des 265 membres du parlement européen qui ont signé la déclaration conjointe, et nous souhaitons vivement que les gouvernements européens suivent notre déclaration. »