100% Teuton

Article publié le 6 mars 2007

Les citoyens européens ont des façons bien différentes de représenter ce voisin allemand qui indifféremment exporte des Wolkswagen, pratique le hooliganisme à haute dose ou s’illustre par une ponctualité rigide. Aux yeux des Français et des Espagnols, les Berlinois qui ont l’habitude d’envahir leurs plages en été sont vus respectivement comme des ‘Allemands’ et des ‘Alemán’, soit étymologiquement les descendants de ces tribus barbares qui avaient jadis quitté les bords de l’Elbe pour émigrer plus au sud. Si l’un de ces anciens barbares décide de se rendre à Rimini, voilà qu’il y deviendra un ‘Tedesco’, mot italien très proche de la langue de ses ancêtres pour qui l’expression ‘thiot/ diot’ signifiait justement « le peuple « . ‘Thiodisk’ était donc la version populaire du latin des lettrés qui eux recourraient au nettement plus snob ‘theodiscus’. L’autre terme italien ‘Germania’ pour désigner l’Allemagne  reprend fidèlement l’appellation ‘Germani’ donnée Jules César à un groupe de tribus germaniques vivant au nord-est de la Gaulle. Le très british ‘Germany’ est d’ailleurs un vestige de l'époque où l’Empire Romain s’étendait jusqu’au-delà de la Manche et recouvrait la Grande-Bretagne.

En Europe de l’Est, la cause est entendue : une fois franchie l’Oder, il est courant que les visiteurs n’aient aucune notion des subtilités des langues slaves. Il est donc logique qu’aux yeux des Russes, des Polonais et des Hongrois, les Allemands soient considérés comme un peuple de muets. ‘Nemets’, ‘Niemcy’, ‘német’ sont les expressions qui qualifient le mieux ces taciturnes Teutons.

En Finlande - et même si tous les allemands qui n’habitent pas en Saxe pourraient s’en trouver froissés - le pays qui s’étend de Hambourg à Munich est tout simplement nommé ‘Saksa’. Quant au record de conformité aux clichés, il est détenu par la langue des signes conçue à l’intention des malentendants : le geste qui exprime  ‘Allemagne’ consiste  à poser la main droite sur le sommet du crâne avec l’index dressé, tant il est vrai que tous les Allemands se coiffent encore d’un casque à pointe pour sortir.