10 films allemands à voir avant la Berlinale

Article publié le 8 février 2016
Article publié le 8 février 2016

La Berlinale commence le 11 février et la capitale du cool trépigne. Un avant-goût avec dix chefs d'oeuvre allemands du grand écran qu'il faut avoir vus. Parce que le cinéma allemand ne se résume pas à La vie des Autres.

Requiem (2006)

Quelqu'un se souvient-il du film d'horreur L'exorcisme d'Émilie RoseRequiem est basé sur les mêmes et véritables faits, à savoir l'exorcisme d'Anneliese Michel. Toutefois, le réalisateur Hans-Christian Schmid n'en a pas fait un film d'épouvante, mais une légère étude sociale. Il s'agit de l'histoire de Michaela Klingler (Sandra Hüller) qui, au début des années 70, vit dans la province du sud de l'Allemagne, dans une famille très religieuse. Lorsque Michaela commence ses études à Tübingen malgré la réticence de ses parents, une nouvelle vie commence alors pour elle. Une vie tranquille s'il n'y avait pas ces crises d'épilepsie, auxquelles Michaela ne voit qu'une seule explication : elle est possédée par le diable.

Le ruban blanc (2009)

Le titre Le ruban blanc (Eine deutsche Kindergeschichte en VO, ndlr) semble anodin. Mais le film lui, ne l'est pas. Tourné du début à la fin en noir et blanc, le réalisateur Michael Haneke situe l'action à Eichwald, un village fictif du nord de l'Allemagne, à la veille de la Première Guerre mondiale. Là-bas, les conditions sont rudes et l'atmosphère pesante. Ce sont surtout les enfants et les adolescents qui souffrent du climat de peur, de sévices corporels et de violence. Il se passe ensuite des choses étranges, de petits actes de barbarie. Le ruban blanc est une critique du protestantisme puritain, qui se dresse contre le développement personnel de l'individu - et qui aplanit ainsi le terrain pour le nazisme.

Everyone else (2009)

Un couple est censé passer de véritables vacances romantiques, mais au lieu de ça, il y a de l'orage dans l'air : Gitti (Birgit Minichmayr) et Chris (Lars Eidinger), qui se relaxent sous le soleil de la Sardaigne, voient leur séjour émaillé par des conflits permanents. Ils finissent par rencontrer un couple qui semble filer le parfait amour - grâce à une distribution des rôles habituelle, qui se cache derrière la façade du couple moderne. Chris commence surtout à s'interroger sur sa relation avec Gitti, qui en réalité semble épanouie. Celle-ci est agacée par ce nouvel « homme fort » - et ne sait plus très bien, si elle doit se conformer à ses attentes ou au contraire s'y refuser. (Ceci est la trame narrée par la réalisatrice Maren Ade, lorsqu'elle a présenté Everyone else à Paris en 2010, nda)

Almanya - Bienvenue en Allemagne (2011)

Dans la plupart des soi-disantes « comédies interculturelles » made in Germany , on voudrait plutôt s'enfuir en courant - mais ce n'est pas le cas pour Almanya - Bienvenue en Allemagne. Les soeurs Yasemin et Nesrin Şamdereli font leur début au cinéma en jouant habilement avec les clichés germano-turcs et en répondant aux attentes, sans pour autant s'engager sur le territoire du feelgood movie pathétique. Au coeur de tout ça, il y a la famille Yilmaz. Canan, 22 ans (Aylin Tezel) raconte à son petit cousin Cenk, l'histoire du grand-père Hüseyin (Fahri Ogün Yardım), qui est arrivé dans les années 60 en Allemagne comme travailleur immigré. Et c'est ce même grand-père qui a acheté une maison en Turquie et qui aimerait la rénover avec toute la famille.

Guerrière (2011)

Certes, le cinéma allemand aime traiter régulièrement le sujet du troisième Reich, mais aujourd'hui on évite plutôt de parler du nazisme. Exception frappante : Guerrière. Le réalisateur David Wnendt laisse découvrir aux spectateurs Marisa, 20 ans, (Alina Levshin) qui est une néonazi invétérée. Elle vit dans une petite ville d'Allemagne de l'Est, fait partie d'une bande de jeunes d'extrême droite encline à la violence et rejette tout : la police, les juifs, les étrangers. Mais un jour, elle renverse en voiture Jasul et Jamil, deux demandeurs d'asile afghans. Ce qui vient tout changer : Marisa commence à remettre en question sa vision du monde. 

Oh Boy (2012)

Un des succès allemands de ces dernières années: Tourné du début à la fin en noir et blanc  et accompagné d'une musique de Jazz entraînante, Jan-Ole Gerster pour ses débuts derrière la caméra, suit le jeune Niko (Tom Schilling) à travers Berlin. Niko ne sait pas quoi faire de la journée et encore moins de sa vie. Il déambule plus ou moins sans but à travers Berlin, et rencontre divers personnages. Oh Boy donne un souffle de mélancolie, mais le film offre aussi son lot de comique de situation et de véritables représentations du Berlin « branché » : café hors de prix, danse d'expression, hipster, anyone? (Ceci est la critique détaillée de Oh Boy et notre interview avec son réalisateur,  Jan-Ole Gerster)

Barbara (2012)

C'est évident qu'un film sur la vie en DDR doit faire partie de notre liste. Barbara, de Christian Petzold, relate l'histoire de Barbara (Nina Hoss), chirurgien-pédiatre à Berlin-Est. Durant l'été 1980, celle-ci est arrêtée pour avoir déposé une demande d'émigration et se voit contrainte d'abandonner ses fonctions pour un hôpital de province dans une petite ville de la Baltique. Là-bas, un de ses collègues travaillant pour le compte de la Stasi est chargé de la surveiller. Pendant ce temps, Jörg, l'amant de Barbara, qui habite en RFA, prépare sa fuite vers l'Ouest. Nina Hoss, l'actrice principale qui interprète Barbara, mène également entretemps une carrière internationale. Dernièrement, elle a joué dans la cinquième saison de la série américaine Homeland. 

Un prof pas comme les autres (2013)

Il faut bien l'admettre, ce film ne rentre pas vraiment dans la catégorie « cinéma d'art et d'essai sophistiqué ». En revanche, Un prof pas comme les autres est tout simplement distrayant. Le charmeur de ces dames, Elyas M‘Barek, joue le rôle de Zeki Müller, un ex-taulard prolo avec une belle gueule. Libéré de prison depuis peu, il réalise que sa copine a caché son magot à côté d'un chantier - au-dessus duquel se trouve le gymnase d'une école. Que faire alors ? Cela paraît évident : se faire engager temporairement comme professeur et mettre l'ambiance grâce à des méthodes d'apprentissage non conventionnelles. Des répliques comme « Pleurniche en silence, Chantale », sont aujourd'hui devenues cultes. La star secrète du film est clairement ladite élève Chantale (la « Shooting Star » Jella Haase, ndlr) - superficielle mais sympathique.

Chemin de croix (2014)

Visiblement, lesAallemands aiment les films qui traitent de la religion (voir Requiem et Le ruban blanc).  Chemin de croix, réalisé par Dietrich Brüggemann (qui a écrit le scénario avec sa soeur Anna, ndlr) met lui aussi en scène une adolescente, qui mène une vie conditionnée par les préceptes religieux. Maria, 14 ans, (Lea van Acken) appartient à la fraternité sacerdotale Pie XII, qui pratique la tradition catholique. Maria veut contenter tout le monde - son inflexible mère, ses professeurs et ses camarades. Puis, elle tombe amoureuse d'un camarade de classe. Comment peut-elle alors concilier cela avec son amour sincère pour Dieu, dicté par sa religion? 

Victoria (2015)

Les journalistes allemands, les cinéphiles et les critiques sont tous d'accord sur ce point : Victoria fait partie des meilleurs choses que l'Allemagne a réalisées au cours de ces dernières années et a été récompensé, et ce à juste titre. Sebastian Schipper, le réalisateur, a tourné les événements d'une nuit en un seul plan-séquence de plus de deux heures. Un tour de force à travers Berlin à couper le souffle, où la jeune espagnole,Victoria (Laia Costa), fait connaissance avec un groupe de jeunes berlinois devant une discothèque. Au bout de la nuit, plus rien n'est désormais comme avant. Un truc extra aussi : la bande-son électro de Nils Frahm.

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Cet article a été rédigé par la rédaction de cafébabel Berlin. Toute appellation d'origine contrôlée.